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Un sommet de l'Otan à Ankara pour apaiser les tensions avec Trump
information fournie par Reuters 06/07/2026 à 14:15

par Andrew Gray

Les dirigeants des pays européens membres de l'Otan ont prévu de mettre de côté leurs différends avec le président américain Donald Trump lors du sommet de l'organisation organisé cette semaine à Ankara, dans un contexte de remise en cause l'alliance atlantique par Washington.

Pour le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, le sommet d'Ankara, qui se tiendra mardi et mercredi, sera également l'occasion pour les Européens de montrer que leurs promesses d’augmenter les dépenses de défense ont été tenues.

Si les bonnes relations entre Donald Trump, le président turc Recep Tayyip Erdogan et Mark Rutte devraient garantir le bon déroulement du sommet, des craintes sont toutefois apparues compte tenu des tensions transatlantiques persistantes liées à la guerre en Iran et des critiques fréquentes du président américain à l'égard de l'Otan.

Dans un message publié la semaine dernière sur les réseaux sociaux, Donald Trump s'est plaint que les États-Unis dépensaient de l'argent pour protéger les membres de l'Otan "sans en tirer le moindre bénéfice".

Mark Rutte et d'autres dirigeants de l'Otan insistent sur le fait que l'alliance contribue à la sécurité des États-Unis et que les Européens ont répondu aux appels lancés par le président américain les exhortant à consacrer davantage de moyens à leur propre défense.

Selon un projet de déclaration finale approuvé vendredi dernier par les 32 ambassadeurs auprès de l'Otan et consulté par Reuters, les dirigeants de l'alliance, y compris Donald Trump, devraient réaffirmer leur "engagement inébranlable" en faveur de la défense collective au titre de l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord lors du sommet.

"L'Otan est, et restera toujours, une alliance transatlantique, mais nous devons la rééquilibrer pour le mieux", a déclaré Mark Rutte la semaine dernière à Berlin.

"En collaborant étroitement avec les États-Unis, les alliés européens et le Canada assument une plus grande responsabilité en matière de défense conventionnelle en Europe", a-t-il ajouté.

Le mois dernier, le secrétaire général de l'alliance a déclaré que les membres européens et le Canada avaient dépensé 90 milliards de dollars (78,81 milliards d'euros) de plus pour la défense en 2025 que l'année précédente, pour atteindre un total de plus de 570 milliards de dollars.

À La Haye l’année dernière, les dirigeants de l'Otan sont convenus de consacrer 3,5% de leur produit intérieur brut (PIB) aux postes de défense essentiels, tels que les armes et les effectifs, d’ici 2035, et d'investir 1,5% supplémentaire dans des domaines plus larges liés à la défense, tels que le renforcement de la cybersécurité.

VERS UNE RÉPÉTITION DU SOMMET DE 2025 ?

Nombreux responsables européens espèrent une répétition du sommet de l'année dernière, lors duquel Donald Trump avait réaffirmé l’engagement des États-Unis envers l'alliance et son pacte de défense mutuelle, tout en faisant l'éloge de ses alliés.

Mais les douze derniers mois ont mis l(alliance à rude épreuve, Donald Trump ayant menacé de prendre le Groenland au Danemark, membre de l’Otan, puis lancé la guerre en Iran, sans consulter ses alliés européens.

Les États-Unis ont en outre annoncé le retrait de troupes d'Europe, réduit les effectifs qu'ils affectent aux plans de défense de l’Otan et lancé une révision de six mois de leur présence militaire sur le continent.

"L’alliance est bien vivante, mais un peu meurtrie", a déclaré un diplomate européen sous couvert d’anonymat.

Les responsables européens craignent également que la guerre en Iran ne vienne éclipser le sommet, alors que Donald Trump a critiqué les Européens de ne pas en faire davantage pour soutenir les opérations militaires américaines.

Le président américain a ainsi laissé entendre que les États-Unis n’avaient pas à honorer leur engagement d’aider un autre membre de l’Otan victime d’une attaque.

Pour les responsables de l'Otan, la grande majorité des alliés ont respecté leurs engagements en autorisant les États-Unis à utiliser leur espace aérien et leurs bases situées sur leur territoire, bien que la guerre en Iran soit profondément impopulaire en Europe.

Lors du sommet, les membres de l'alliance devraient s’engager à continuer de financer la fourniture d’armes à l’Ukraine face à la Russie, alors que le président ukrainien Volodimir Zelensky sera présent à Ankara pour des entretiens bilatéraux mercredi avec Donald Trump.

Le président américain Donald Trump rencontrera également le président syrien Ahmed al Charaa, a indiqué la Maison Blanche.

(Avec la contribution de Lili Bayer, Jonathan Spicer, Sabine Siebold, John Irish et Tuvan Gumrukcu ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

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